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Le THS

THS : bénéfices, risques et à qui il convient (2024)

Le traitement hormonal substitutif (THS) remplace les œstrogènes et la progestérone que vos ovaires cessent de produire pendant la ménopause. C’est de loin le traitement le plus efficace des symptômes — et probablement le plus mal compris. Les gros titres de l’essai WHI de 2002 ont fait peur à une génération ; les réanalyses 2023-2024 l’ont réhabilité pour la plupart des femmes de moins de 60 ans. Ce guide vous donne les vrais chiffres pour décider.

Contenu éducatif · ne remplace pas un avis médical. Consultez un professionnel de santé.

Ce qu’est vraiment le THS

Le THS remplace les hormones que vos ovaires cessent de produire. Pour la plupart des femmes, cela signifie œstrogènes, associés à progestérone si vous avez encore un utérus (pour protéger l’endomètre). Certains protocoles ajoutent une testostérone à faible dose pour la libido et l’énergie.

Le THS n’est pas un « remède miracle ». C’est un soulagement des symptômes et une modulation du risque à long terme, dosé pour votre corps et vos circonstances. Deux hormones, six voies d’administration, des décennies d’évidences qui évoluent. Le bon protocole dépend de vos symptômes, de votre histoire médicale et de votre étape de vie.

À qui le THS profite le plus

Le consensus 2022-2024 de la HAS, NICE, The Menopause Society et l’IMS : les bénéfices du THS l’emportent sur les risques pour la plupart des femmes de moins de 60 ans ou dans les 10 ans suivant les dernières règles — la « fenêtre d’opportunité ».

Les groupes qui en tirent le plus :

  • Femmes avec bouffées de chaleur ou sueurs nocturnes modérées à sévères
  • Femmes avec insomnie ménopausique — la progestérone bio-identique le soir est particulièrement efficace
  • Femmes avec symptômes génito-urinaires (sécheresse vaginale, urgences urinaires, rapports douloureux) — l’œstrogène vaginal local n’a quasi aucun risque systémique
  • Femmes en ménopause précoce (avant 40 ans) ou anticipée (40-45) — le THS remplace ce qui devrait encore être présent et protège
  • Femmes avec fragilité osseuse ou risque élevé de fracture
  • Femmes avec anxiété périménopausique cyclique claire ou symptômes d’humeur

Le vrai panorama du risque en 2024

Les titres de l’essai WHI original ont surestimé les risques car la cohorte était plus âgée (moyenne 63 ans), utilisait des œstrogènes conjugués équins oraux (pas des préparations bio-identiques modernes) et un progestatif synthétique. La réanalyse par âge et voie raconte une histoire très différente.

Cancer du sein — THS combiné (œstrogène + progestatif synthétique) 5+ ans : environ 8 cas supplémentaires pour 10 000 femmes par an — moins que le risque lié à l’obésité, à 2+ verres/jour ou à l’inactivité. THS œstrogène seul : pas d’augmentation, peut-être légère baisse. La progestérone micronisée (bio-identique) semble plus sûre que les anciens progestatifs de synthèse.

Caillots et AVC — œstrogène transdermique (patchs, gels, sprays) : pas d’augmentation mesurable du risque. Au-delà de 60 ans, en surpoids ou avec antécédent thrombotique, la voie transdermique est plus sûre.

Maladies cardiovasculaires — débuté dans la fenêtre, le THS est globalement cardioprotecteur — réduction de l’incidence des coronaropathies d’environ 30 %. Débuté à 70 ans, le signal s’inverse.

Cancer de l’endomètre — œstrogène sans progestérone chez une femme avec utérus = risque clair. Les régimes combinés le neutralisent.

Bio-identique vs synthétique : ce que les mots veulent dire

Bio-identique signifie que la molécule est structurellement identique à celle produite par vos ovaires. Le 17β-estradiol et la progestérone micronisée bio-identiques sont des médicaments régulés — exactement la même chose, prescrits par des médecins habituels, remboursés par la Sécurité sociale.

Le terme marketing « THS bio-identique » (BHRT), vendu par certaines pharmacies de préparation ou cliniques wellness, désigne souvent des mélanges sur mesure non régulés au dosage incertain. Les sociétés savantes s’y opposent.

Le THS bio-identique régulé est le standard actuel quand disponible. C’est ce que vous voulez.

Types de THS et voies d’administration

  • Œstrogène transdermique (patch, gel, spray) — option par défaut. Pas d’effet de premier passage hépatique, risque thrombotique minimal, dose flexible.
  • Œstrogène oral — moins cher, plus simple, risque thrombotique supérieur. Acceptable chez les moins de 60 ans à faible risque.
  • Progestérone micronisée (capsule orale le soir) — standard actuel pour la protection endométriale, aide aussi au sommeil.
  • Œstrogène vaginal (crème, anneau, comprimé) — pour les symptômes génito-urinaires seulement. Absorption systémique minimale. Sûr pour la plupart, y compris beaucoup de survivantes du cancer du sein.
  • Patchs combinés — œstrogène + progestatif dans un patch. Pratique, moins flexible pour ajuster.
  • Testostérone à faible dose — crème transdermique, hors AMM en France, pour libido basse persistante après optimisation œstrogénique.
  • Stérilet Mirena — peut fournir la composante progestative tout en servant de contraception.

Qui ne doit pas prendre de THS

Contre-indications absolues :

  • Cancer du sein œstrogéno-sensible actuel ou récent (certaines formes vaginales locales restent possibles — à discuter avec votre oncologue)
  • Saignements vaginaux inexpliqués
  • Trouble de la coagulation actif ou thrombose veineuse récente
  • Maladie hépatique active
  • Hypertension sévère non traitée
  • Grossesse

Contre-indications relatives (transdermique souvent possible) : antécédent de thrombose, migraine sévère avec aura, lupus actif, maladie de la vésicule, IMC élevé.

L’âge seul n’est pas une contre-indication. La décision est individualisée.

Alternatives et compléments au THS

Quand le THS n’est pas adapté ou ne suffit pas :

  • ISRS et IRSN (escitalopram, venlafaxine, paroxétine) — pour bouffées et humeur ; la venlafaxine et la paroxétine traitent aussi les bouffées
  • Fézolinétant (Veozah) — approuvé FDA 2023, cible directement les neurones NKB pour les bouffées
  • Gabapentine — utile si les sueurs nocturnes dominent
  • TCC adaptée à la ménopause — réduit la détresse des bouffées, du sommeil et de l’humeur jusqu’à 70 %
  • Leviers de mode de vie — renforcement musculaire, protéines, heure de réveil fixe, caféine retardée (voir guide cortisol matinal)

Ce ne sont pas des options de seconde zone — beaucoup de femmes les combinent avec le THS.

Comment aborder la conversation THS

Votre premier rendez-vous THS n’a pas à ressembler à un interrogatoire. Apportez :

  1. Un journal de symptômes (2-4 semaines minimum) — fréquence des bouffées, sommeil, humeur, irrégularités du cycle
  2. Vos facteurs de risque personnels — antécédents familiaux de cancer du sein et de thrombose, traitements actuels, IMC, tension, tabagisme
  3. Vos priorités — soulagement des symptômes, protection osseuse, libido, cognition
  4. Les trois questions qui comptent : « Suis-je candidate ? Quelle formulation recommandez-vous ? Quel calendrier de suivi ? »

Démarrez avec un protocole standard (estradiol transdermique + progestérone micronisée pour la plupart des femmes avec utérus), réévaluez à 3 mois, ajustez. La plupart des femmes savent en 3 mois si le THS leur convient.

Les questions les plus fréquentes

Combien de temps puis-je rester sous THS ?
Pas de durée limite fixe. Les recommandations actuelles de NICE et The Menopause Society soutiennent un THS individualisé à la dose minimale efficace, réévalué annuellement. Beaucoup de femmes le poursuivent dans la soixantaine voire au-delà.
Le THS fait-il prendre du poids ?
En moyenne non. La prise de poids en milieu de vie est liée à la perte de masse musculaire, aux décalages de cortisol et au manque de sommeil — pas au THS. L’œstrogène transdermique peut même réduire légèrement la graisse centrale.
Le THS bio-identique est-il plus sûr que le synthétique ?
Les preuves actuelles suggèrent que la progestérone micronisée (bio-identique) a un signal de cancer du sein légèrement plus faible que les anciens progestatifs synthétiques. L’estradiol bio-identique est la norme dans la plupart des pays. Le « bio-identique sur mesure » vendu en cliniques wellness est un produit non régulé, non reconnu par les sociétés savantes.
Puis-je prendre du THS si j’ai eu un cancer du sein ?
Le THS systémique n’est généralement pas recommandé après un cancer du sein œstrogéno-sensible. L’œstrogène vaginal local peut rester une option pour les symptômes génito-urinaires — à discuter avec votre oncologue. Des alternatives non hormonales existent.
Que se passe-t-il quand j’arrête le THS ?
Diminuer plutôt qu’arrêter brutalement pour réduire le rebond de bouffées. Environ 25 % des femmes voient les symptômes revenir dans les 12 mois. Aucun malus à poursuivre le THS plus longtemps s’il aide toujours.

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